
La baisse des taux de crédits immobiliers ne suffit pas à faire revenir sur le marché les primo-accédants
Les primo-accédants et les ménages modestes sont ceux qui ont le plus de mal à bénéficier des récentes baisses des taux du crédit immobilier, contrairement aux ménages plus aisés.
Après avoir touché le fond, le marché immobilier entame doucement la remontée. Le nombre de nouveaux crédits immobiliers a augmenté de 12% au deuxième trimestre, par rapport à la même période l’an dernier. Il a même bondi de 44% par rapport au trimestre précédent, d’après les chiffres publiés mardi 16 juillet. Mais, cette hausse ne bénéficie pas aux ménages les plus modestes. Pourtant, la baisse des taux est engagée. Au 2ème trimestre 2024, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 3,73%. Depuis décembre 2023, le taux moyen recule régulièrement. La baisse se constate à nouveau en juin, où il est revenu à son niveau de juillet 2023, soit 3,66%.
Des difficultés pour ceux qui n’ont pas d’apport
La baisse des taux des crédits immobiliers ne pouvait à elle seule enclencher une reprise forte et rapide du marché, l’augmentation de l’apport personnel exigé ayant eu un effet dépressif important sur la demande. Pour ceux qui n’ont pas ou peu d’apport personnel, l’accès au crédit reste difficile. D’autant que les prix baissent peu, notamment en raison du retour sur le marché des catégories socio-professionnelles plus aisées. En effet, la remontée du coût des opérations financées (et des prix des logements anciens) qui se renforce depuis février 2024 « atténue nettement l’efficacité des effets taux et durée ».
En juin 2024, la capacité d’emprunt des ménages était encore inférieure de 11,5% à son niveau de décembre 2022 (voire de 20,0% par rapport à décembre 2021): un ménage qui pouvait emprunter 100.000 euros à la fin de 2022, ne peut plus emprunter que 88.500 euros en juin 2024. Au 2ème trimestre 2024, la durée moyenne des prêts accordés était de 246 mois, soit 20,5 ans. L’indicateur de solvabilité des emprunteurs se redresse lentement malgré la hausse des prix qui reprend.
La part des emprunteurs primo-accédants recourant à un crédit à l’habitat pour l’acquisition d’une résidence principale continue à représenter environ la moitié de la production de crédits, une proportion légèrement supérieure à la moyenne observée depuis 2015″, souligne toutefois la Banque de France dans son analyse portant sur le mois de mai.